Sortie de crise en guinée : après l’espérance, place au doute

On l’avait dit dans notre publication relative à la rencontre entre le président de la République et le chef de file de l’opposition. La moisson parait bien mince. Quand on sait quels risques le pays a affrontés les deux derniers mois du fait des mésententes politiques, on a de la peine à croire que les recommandations issues de la rencontre d’hier, puissent, à elles seules, venir à bout de la crise. Le scepticisme est d’autant plus permis que les principaux acteurs, eux-mêmes, n’y croient que très peu.

Ainsi, ce matin, chez des confrères d’une radio de la place, le chef de file de l’opposition qui avait pourtant fait part de sa « satisfaction » a reconnu ne disposer d’aucune garantie quant au respect des engagements par le gouvernement. Tout cela tient au seul bon vouloir du président de la République, a-t-il admis. Or, de ce côté, on sait déjà à quoi s’attendre. En tout cas, au vu du sort réservé aux précédents engagements pris dans les mêmes conditions. Dans le même sillage, Aliou Condé, proche parmi les plus proches de Cellou Dalein Diallo, pour sa part, a clairement laissé entrevoir la perspective de la reprise des manifestations que son mentor vient à peine de suspendre. Là, on n’est pas très loin de la cacophonie. De fait, c’est le signe d’une certaine fébrilité, elle-même résultant du sentiment de s’être fait gruger.

Avec le recul, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) réalise qu’il a un peu trop tôt crié victoire. A la différence du syndicaliste, Aboubacar Soumah, il n’a pas su ou pu, exiger d’obtenir tout de suite et immédiatement ce dont il avait besoin. A sa décharge, il faut dire qu’au rythme des manifestations de ces derniers jours, certains commençaient à lui prédire un désaveu de la part des militants. En effet, face aux assassinats à répétition, aux pertes des biens, et surtout au manque à gagner lié à ces mobilisations quasi-quotidiennes, certains de ces militants en étaient plutôt lassés. Conséquence ? Ils auraient pu lâcher la dynamique en chemin. Redoutant la conséquence d’un tel camouflet, Cellou Dalein Diallo semble s’être empressé de prendre ce qui lui a été donné. Plutôt convaincus qu’il n’en sortira pas grand-chose, lui et les siens entendent néanmoins en profiter pour souffler.

C’est dire que les Guinéens, eux aussi, devraient sortir de la naïveté qui les incline à rêver que c’en est fini de la crise. Tout au contraire, ils devraient plutôt se préparer à voir celle-ci reprendre de plus belle. Ils s’éviteraient ainsi une surprise inutile

S.Fanta

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