Massacre du 28 septembre 2009 : pour la tenue du procès, il va falloir prendre son mal en patience

Le comité de pilotage pour l’organisation du procès des massacres du 28 septembre 2009, a tenu ce mercredi 1er Août 2018, sa première réunion dans la salle de conférences du ministère de la Justice.
L’ordre du jour de cette première réunion portait sur le choix du lieu où se tiendra le procès, son budget et le calendrier de son déroulement.

À la sortie de la rencontre, le ministre de la Justice Me Cheick Sacko, a annoncé que rien a été arrêté avant de se lancer dans un long résumé de la rencontre.

Selon lui, chaque membre du comité (ils sont 13 au total) a fait un choix sur le lieu du procès et la plupart ont choisi Conakry, qui sera probablement le lieu du procès, avant d’ajouter : « au jour d’aujourd’hui, je ne peux pas vous dire quand ce procès aura lieu ». Il poursuit ses explications en précisant qu’il faudra tenir compte du contexte socio-politique du pays pour ouvrir ce procès, car selon lui, le pays va faire face à l’organisation des élections législatives en début d’année 2019 et des élections présidentielles en 2020.

Plus loin, Me Sacko assure que cela ne veut pas dire que le procès n’aura pas lieu. Il précise que le procès aura bel et bien lieu tout en énumérant un certain nombre de facteurs qui pourraient retarder encore l’ouverture du procès notamment la définition d’une date au regard du contexte socio-politique national, la sécurisation du lieu du procès, la protection des victimes, des témoins et des magistrats, le retour et la prise en charge des victimes vivants en dehors du pays pendant la durée du procès.

Parlant du budget, Me Cheick Sacko indique que le procès demandera la mobilisation de 78 milliards de francs guinéens, avant d’ajouter que « les États-Unis doivent débloquer plus de 900 mille dollars, alors que l’Union européenne a annoncé quelque 450 mille euros ». Par rapport à la transparence dans la gestion de ce fonds, le ministre de la Justice a déclaré que ses services ne seront pas chargés de la gestion dudit fonds, car il y aura un financier de l’ambassade des États-Unis qui va travailler avec le financier du ministère de la Justice pour s’assurer que ce fonds arrive directement aux personnes intéressées.

Du côté de la sécurisation du procès, le ministre rassure que le comité fera de son mieux pour sécuriser les lieux du procès, les victimes, les accusés, les témoins et les magistrats, avant d’ajouter : « ce n’est pas pour rien que dans le comité de pilotage, il y a la gendarmerie, mais également la sécurité, qui pourront effectivement donner leur part de conseils sur ces questions ».

Abordant la partie judiciaire de ce procès, Me Cheick Sacko a indiqué qu’après toutes les dispositions précédemment énumérées : « le reste, c’est le travail des magistrats et ce n’est pas au comité de pilotage de dire comment les magistrats vont travailler. Les magistrats qui seront choisis, une fois qu’ils seront installés, c’est à eux de faire en sorte que ce procès soit impartial ».

À rappeler que selon le rapport de l’ONU, le massacre du 28 septembre 2009, au stade du même nom à Conakry, a causé la mort d’au moins 157 personnes, plus d’une centaine de femmes auraient été violées et des centaines de personnes blessées.

C’est pourquoi Me Cheik Sako a expliqué que juger les responsables présumés de ces crimes, doit marquer une étape décisive dans la lutte contre l’impunité et le renforcement de l’état de droit en Guinée, après plusieurs décennies marquées par de graves violations des droits humains : « au cours de 6 mois que durera ce procès, la vérité sera étalée et chacun aura ce qu’il mérite », a-t-il conclu.

Saran TRAORÉ

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