Le rpg à la croisée des chemins

À l’instar de l’ANC (parti dominant de l’Afrique du Sud depuis l’abolition de l’apartheid), Alpha Condé adore souvent nous faire partager son fantasme le plus puissant, celui de faire de son RPG (parti au pouvoir en Guinée), un parti national dans lequel tous les guinéens pourraient se reconnaitre. Mais, le RPG, peut-il être l’ANC ?

Hélas, ma réponse est un NON-catégorique. Ces deux partis n’ont ni la même histoire, ni le même vécu, ni la même trajectoire, ni la même exigence vis-à-vis de leurs dignitaires, encore moins la même rigueur usitée dans leur fonctionnement.

L’ANC, disposant d’une ligne claire tenue par une jeunesse active et par des militants avant-gardistes qui, pour la sauvegarde des valeurs consacrées, demeurent déterminer à lutter contre vents et marées, au péril même des « timoniers véreux et charismatiques », pour assurer la survie de leur parti car, dit-on : « L’ANC est égal à ses militants-es ». Ce parti est si exigeant qu’il est capable de renverser un puissant Chef d’État, qu’il a lui-même élevé à ce poste, pour des faits de corruption ou des cas de suspicion de corruption, de détournement, de complicité de vol, de non-respect de la constitution ou tout autre délit ou crime visant à sa disgrâce nationale. Et pourtant, ce qu’on ne dit pas assez, le RPG arc-en-ciel, malgré sa confusion avec l’administration publique (État-Parti) et la phagocytose de la majorité des partis politiques existants, risque une implosion voire une disparition précoce. « L’histoire est têtue. »

Pour ceux qui encore sont amnésiques, il faut se rappeler que l’histoire de notre pays a été impitoyable à l’égard des partis politiques dominants des régimes précédents. Elle les a condamnés à l’effondrement dès la disparition de leur fondateur.

Depuis l’arrivée au pouvoir du parti RPG arc-en-ciel en 2010, une interrogation, pas des moindres, taraude souvent l’esprit des observateurs :

– Au terme du dernier mandat du président Alpha Condé en 2020, le RPG arc-en-ciel parviendra-t-il à conjurer la malédiction qui a frappé le PDG et le PUP ? Rien n’est moins sûr…

En politique, il n’y a point de déterminisme. Voilà ce qui ouvre la possibilité de spéculer sur maintes éventualités envisageables pour ce parti. Commençons par examiner le scenario épouvantail :

Le système d' »Etat-Parti’ ’ institué par le pouvoir aide le RPG à se maintenir, soit à la faveur d’un coup d’Etat constitutionnel (un forcing pour le 3ème mandat du président Condé), soit à la faveur d’un parrainage qu’ Alpha Condé entreprendrait pour l’ un de ses fieux politiques (les milliards détournés par ce système bordélique serviront à stipendier les cadres, militants et pseudo sympathisants…). Dans cette hypothèse, le RPG, même désavoué dans les élections, continuera à gérer, soutenu par une administration partisane addicte du pouvoir.

Deuxième hypothèse, moins favorable sans doute : le professeur Alpha Condé s’éteint avant 2020 et/ou le parti perd les élections. Dans ce cas, le glas sonnera pour le RPG, inéluctablement précipité dans les abîmes autant par les dissensions internes que par un insupportable discrédit populaire. Voilà la prospective que les indicateurs du moment permettent de conjecturer. Au regard de l’enlisement de la situation actuelle, il va de soi que seul le second scénario permettra à la Guinée d’échapper à la confiscation du pouvoir par des cleptocrates invétérés à l’effet d’augurer un lendemain démocratique pour notre Nation.

Que DIEU guide nos pas…

CHERINGAN

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