Kankan : les potentiels candidats dans l’armée angoissés par le manque de carte d’identité

Les potentiels candidats pour intégrer l’armée guinéenne souffrent le chaud et le froid pour se procurer d’une carte d’identité nationale au niveau de Kankan en haute Guinée.

D’une source officielle contactée par nos soins, cette situation s’explique par un souci technique au niveau du fournisseur Sabari-Technologie en charge de confectionner les cartes.

Toutefois, cet argumentaire ne passe pas chez certains demandeurs. Ces derniers évoquent plutôt une pratique nourrie et entretenue par certains responsables véreux tapis dans l’ombre ayant le seul but d’escroquer les citoyens.

« Une fois à la police là-bas, ils vont, non seulement te faire trainer sans succès, mais ensuite, ils vont négocier avec ceux-là qui viennent en coulisse pour leurs donner une carte entre 200 à 250.000 francs guinéens. Et nous qui venons publiquement sans relation, ils nous disent qu’il n y a pas de cartes » a dénoncé Mohamed Kaba, diplômé en quête d’emploi.

Cet autre postulant est allé dans le même sens pour accuser les responsables de la police en charge de délivrer les cartes d’identité.

« Aujourd’hui, je suis au commissariat pour avoir une carte d’identité. Mais on m’a laissé entendre que pour avoir cette pièce, qu’il me faut payer 250.000 francs guinéens. Et vous savez la conjoncture actuelle, ce n’est pas facile. Si tu n’as pas de connaissance tu n’auras pas de carte » a confié Fafa Keita.

De l’avis de Abdoulaye Sanoh, commissaire central de la police de Kankan, les raisons de ce manque se trouvent ailleurs.

« C’est la société Sabari-Technologie’’ qui est chargée de nous envoyer les cartes et nous on gère localement. Quand ils viendront, ils vont faire compte au commissaire central. Pour le moment, ils ne sont pas venus(…) donc le blocus ne se trouve pas à notre niveau » a-t-il réagi aux accusations portées contre eux.

Plus loin, le commissaire central de la police invite par ailleurs à tout le monde d’être vigilant. Car, insiste-t-il, il n’y a pas pour le moment de carte au niveau de sa juridiction.

« Le conseil que je donne à toute la population de Kankan est que pour le moment il n’y a pas de carte. Et que personne ne se laisse berner par un agent pour l’obtention de sa carte d’identité » conclut-il pour couper court à toute la mafia qui entoure la confection de la carte d’identité nationale.

Malick Diakité

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