Insalubrité à conakry : comment les ordures sont-elles gérées au quotidien par la population ?

La problématique de la gestion des déchets dans la capitale guinéenne ‘’Conakry’’ devient de plus en plus compliquée. Au fur et à mesure que la population guinéenne s’agrandit, les déchets en font de même. Et le seul endroit censé recevoir toutes ses ordures semble ne plus les contenir. Nous parlons ici de la grande décharge de ‘’Compost’’, qui, il faut le préciser, a subit récemment un éboulement d’ordures causant plusieurs dégât au sein des populations riveraines.

Cette situation, fait qu’aujourd’hui, les dépotoirs d’ordures poussent partout dans les marchés, quartiers et au long des voies ferrées. C’est pourquoi votre quotidien en ligne Newsguinee.info est parti enquêter dans les quartiers marchés et auprès des activistes de l’assainissement de la ville de Conakry, pour voir comment ils font pour gérer leurs ordures.

Femme de ménage : «  Je suis Mariam Barry habitante au quartier Hamdallaye II secteur 4. Nous sommes dans un quartier enclavé, où les camions de ramassage d’ordures n’ont pas accès à notre secteur, donc je ne me suis pas faite abonner. Mais j’ai un autre moyen de gérer mes ordures ménagères. Je les regroupe dans un sac plastique que je cloue très bien, maintenant en allant au petit marché de Kakimbo, comme c’est un marché qui se trouve au bord des rails, il y a un dépotoir où tous les habitants de ce secteur jettent leurs ordures. C’est là que moi aussi je jette mes ordures. C’est vrai que les riverains qui se trouvent à coté de ce lieu qui s’est transformé en dépotoir par les femmes du quartier ont commencé à interdire, mais pour le moment comme on n’a pas où mettre c’est là qu’on met. Bien sûr tout en faisant attention pour ne pas être pris ».

Jeune leader menant des actions d’assainissement dans son quartier : « Mamadi Kaba, c’est mon nom, je ne suis pas un jeune leader, mais j’ai décidé de mobiliser mes jeunes frères et des amis du quartier pour assainir le long des rails qui fait face à nos différentes concessions. Donc moi si vous me demander comment je gère mes ordures au quotidien, je dirai que  je m’engage dans l’assainissement de ma ville à travers cette action comme je vous l’ai expliqué au début, en mobilisant mes frères et mes amis pour rendre notre devanture propre. Il faut savoir que le long des rails de Kakimbo est transformé en dépotoir d’ordures. C’est ici que tout le monde déversait les ordures, surtout les femmes. Et cela nous dérangeait à plus d’un titre. Au début on a voulu l’interdire mais ce n’était pas facile, car il y avait toujours des ordures et on ne pouvait pas savoir quel est l’ordure qui vient d’être mise là. On y a réfléchit, et on s’est dit : assainissons et après montons la garde pour toutes les personnes qui tenteront de remettre les ordures. C’est comme ça que l’idée nous est venue et on s’est lancé. J’avoue qu’au début cela n’a pas été chose facile mais au fil du temps on n’a pu  s’imposer et aujourd’hui l’endroit est propre et pour le moment il n’y a eu aucun dérapage »

Responsable PME Ramassage d’ordures : « Je suis Mamadou Bhoye je suis chargé du ramassage des ordures. Notre implication dans la gestion des ordures à Conakry est commerciale. Nous ne faisons rien gratuitement, car un sac d’ordures dans chaque foyer où notre camion à accès, est pris à 3000fg. Et nous ne prenons que ceux qui paient. Pour ceux qui mettent dans les grandes poubelles c’est 5000fg. Au dépotoir de Hafia, nous ne payons rien mais il  y a un ticket qu’on nous donne au gouvernorat que nous présentons une fois à la décharge de la minière, pour pouvoir déverser les ordures ramassées ».

Propos recueillis par Nantou Kanda

 

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