Hier l’algérie,  aujourd’hui le soudan, demain, c’est  l’aube d’un nouvel espoir africain

Demain est une promesse, demain, c’est du nouveau, Demain c’est une aube, mais aussi demain, c’est l’espoir de tous les possible.

L’Algérie vivait en marge de son milieu naturel une sorte de pays à part traînant comme un boulet de son histoire, un poids écrasant qui l’empêche de toute dynamique évolutive.

Pour l’Algérien de la rue, le passé est un cauchemar auquel il faut se relever, sortir du rôle historique de martyr du colonialisme et se faire un avenir avec lumière, s’aménager dans le futur une place sans un’ ’passé’’ sur les manettes de commande.

Bouteflika a été le dernier du clan d’Oujda la bande à Houari Boumediene  qui avait écarté tous les leaders historiques de la révolution du 1er Novembre et s’emparer enfin du pouvoir d’Etat après le départ des français en se servant de  Ahmed Ben Bella comme strapontin et une caution de légitimité.

La révolution des Fellah, la démocratie des maquis et la légitimité des  armes

L’armée des frontières de Boumediène avait réussi à s’imposer et à écraser le GPRA de Ferhat Abbas et liquider Hussein Aït Ahmed et ces idées démocratiques de mettre le FLN au musée de l’histoire.

Avec cette victoire définitive du clan d’Oujda, c’est l’armée qui devenait le cœur du système politique et elle l’est restée jusqu’à aujourd’hui, on l’a vu lors du printemps kabyle de 1989 et ces manifestations en cours, l’armée avait refusé à Bouteflika de succéder à son mentor Houari Boumedien après la mort de ce dernier en 1978 et il ne parviendra à El Mouradia qu’avec l’accord tacite de celle-ci deux décennies plus tard, comme son mentor Boumediène Bouteflika aurait aimé mourir au pouvoir quitte à gouverner sur un fauteuil roulant avec l’appui et le soutien des hauts gradés de l’ANP ce qui était comme une insulte faite aux Algériens de voir ce vieillard grabataire postuler à une candidature de trop dans un pays si jeune et vigoureux.

Un acteur politique algérien disait qu’en Algérie, c’est comme en Prusse, l’Etat n’a pas une armée mais c’est l’armée qui a un Etat.

L’Algérie est l’Etat le plus militariste de l’Afrique, le service militaire y est obligatoire

Il sera un peu difficile pour les acteurs politiques d’exclure l’armée de toute future solution politique de la crise de légitimité qui prévaut actuellement  en Algérie, l’ANP est un acteur de poids avec un lourd passif de domination sans partage du champs politique algérien. Le général Ahmed Gaïd Salah est chef d’état-major de l’armée depuis 2004 et vice-ministre de la défense depuis 2013.

Après l’éviction en 2014 du général Toufik du très puissant el-moukhabarat, Ahmed Gaïd Salah  est devenu l’homme le plus puissant d’Algérie et protecteur principal du pensionnaire de El-Mouradia, d’autant plus que  les tergiversations dans la gestion et la  pression de la démission de Bouteflika  porte sa marque.

Ça en dit long sur le rôle et le poids de cette institution et un scénario à l’égyptien n’est pas à exclure compte tenu de certaines similitudes culturelles, sociales et certains habitus politiques.

C’est une nouvelle ère démocratique qui s’annonce dans le paysage politique du pays et le vieux rêve démocratique algérien pourrait avoir  jour, car pour anéantir cette nouvelle aube démocratique algérien il faudra à  Gaïd Salah  plus que de “Rabaa al adawiya” et l’Algérie ne pourra être l’Egypte.

Le Soudan une  sous colonie de la colonie et une longue culture de contestation politique de Noumeiri à aujourd’hui.

Au Soudan, le mouvement entamé depuis décembre de l’année dernière dans une petite bourgade de 250 km au nord de Khartoum  dans la ville de Atbara et devenu un front de contestation national ce qui était au début qu’une grogne de pain, c’est étendu sur tout le pays, le fruit était mûr  pour tomber. Le Soudan est le seul pays du monde arabe à avoir une culture de contestation politique qui a abouti à une chute du régime en place et en cela le pays est un peu particulier

Le Soudan a été le seul pays en Afrique qui fit la sous colonie d’une colonie. Le Soudan dans son passé a déjà réussi à faire tomber deux régimes militaires en octobre  1964 la junte du maréchal Abaaoud  et en avril 1985 le gouvernement du maréchal Noumeiri.

Souvenir d’un octobre  soudanais et d’un Etat devenu chancre

Il était déjà prévisible que le régime de l’islamiste Omar el Béchir aura toute les difficultés de surmonter la scission de la partie méridionale  du pays malgré un accord un peu favorable à Khartoum sur le transit du pétrole Sud Soudanais jusqu’à Port-Soudan en mer rouge, le mal était déjà fait. Le régime s’étant habitué aux facilités budgétaires et à l’économie de rente, l’ébranchage brusque et rapide au pétrole du Sud a été fatal à M. Omar El Béchir, les injonctions du FMI pour tout prêt au régime n’ont pas facilité les choses pour le défunt régime de Khartoum.

Les soudanais dans leur grand nombre sont extrêmement pauvres, excepté la clientèle qui gravite autour du pouvoir, bénéficiaire des largesses des monarchies du golfe qui ont fini par prendre le Soudan comme une arrière-cour s’approprient les terres les plus fertiles et condamnant le soudanais lambda à émigrer du pays soit comme main d’œuvre fragiles et bon marché dans les chantiers de folie immobilière innombrable des monarchies du golfe ou à servir de chair à canon aux guerres par procuration que se livre le royaume d’Arabie saoudite et quelques Etats arabes, qui vit sous son portemonnaie et la République islamique d’Iran, mais cette déchirure du Yémen est un drame interarabe .

Il est difficile de trouver un homme qui put incarner l’aspiration de tout un peuple

Il est plus facile d’incarner un personnage que d’incarner l’idéal de tout un peuple aussi meurtri que celui du Soudan, on aime le mot changement mais on déteste souvent  son processus.

Dans ce  mouvement, le facteur le plus déterminant de cette énième histoire de révolte soudanaise et qui est inédit pour la première fois dans un pays arabe, les masses populaires se révoltent et renversent un régime qui se réclame ouvertement de l’islam politique et qui gouvernait comme telle, se prévalent même d’avoir organisé en 1996 le premier international islamiste avec la participation de Hassan al Tourabi qui était l’idéologue du régime avant sa disgrâce, peut-être cet élément déterminant de la révolte  empêchera l’inclinaison à l’égyptien du mouvement.

Mais il n’est pas facile de se prémunir contre un mode de pensée qui a prévalu depuis des siècles non plus, il ne sera aisé de se libérer facilement et rapidement d’une tare cultuelle qui constituait même la personnalité distinctive du pays ou même son ADN particulier.

L’islamisme politique mourra t- il avec le départ d’Omar El-Béchir ?

Après la destitution de Omar el Béchir  Awad Ibn Awf qui était aussi un homme du système que l’était l’ex-président n’a pas pu rallier les manifestants qui protestent devant le quartier général de l’armée,  et sous la pression des hommes de rang et des sous-officiers Abdel Fattah El Bourhane a prêté serment comme le président de la nouvelle transition, une avancée somme toute louable et notable mais insuffisante.

Les Soudanais doivent redoubler de vigilance pour sauver leur révolution et faire une pression constante pour que cette dernière ne soit dérobé comme celle de 1985 et veiller que l’histoire ne se répète pas sous aucune forme et que le passé soit mort et dépassé.   .

 

 OURY MÖTELLY

 

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