Guinée : la journée du 1er mai célébrée dans un contexte particulier

A l’image de ceux des autres pays, les travailleurs guinéens fêtent cette année la journée internationale du travail dans un contexte très difficile marqué par la crise sanitaire liée à la maladie à Coronavirus.

D’un constat général, plusieurs activités sont au ralenti alors que d’autres sont quasiment aux arrêts. L’engouement et l’affluence dans les lieux de travail en font foi.

A la différence des années précédentes, ce 1er mai se tient dans une atmosphère morose où les travailleurs tirent le diable par la queue.

Dans un communiqué pris ce 30 avril, le ministère de la Fonction Publique a instruit aux Chefs de départements ministériels et les responsables des organismes publics à mettre en  place un plan de maintien des activités essentielles, pour la continuité du service public.

« Pour limiter la propagation de la maladie à Coronavirus, les mesures suivantes doivent être mises en œuvre, de manière impérative, dans les différents services publics » lit-on dans le communiqué du ministère de la Fonction Publique qui cite entre autres de:

1-Limiter au strict nécessaire les réunions, les rencontres en salle et les déplacements entre les bureaux ;

2- Limiter le regroupement des agents publics dans des espaces confinés ou réduits

3-Eviter les rassemblements, séminaires, ateliers, colloques, etc. et annuler ou reporter les déplacements professionnels à l’intérieur du pays ;

4-Eviter les regroupements des usagers du service public et les longues files d’attente, pour le traitement des dossiers ou la délivrance des actes administratifs (passeport, permis, carte d’identité etc. ), en étalant par exemple les rendez-vous pris avec ces derniers ;

5-Utiliser les moyens techniques et scientifiques de communication et de partage d’informations, dans le souci de limiter les contacts physiques avec les autres agents et avec les usagers des services publics

6-Généraliser l’utilisation des masques, pour les agents en contact avec les usagers et respecter les règles de distanciation d’un mètre ;

7-Mettre des kits sanitaires à l’entrée des établissements, pour le lavage des mains et veiller à la propreté et à l’hygiène des locaux et des toilettes destinées aux agents et au public, en procédant à un nettoyage fréquent et à une désinfection systématique de ces lieux ;

8-Les bus de transport des agents, les réfectoires ou cantines doivent respecter les règles de distanciation édictées.

De l’avis de Mamoudou Dioubaté, cadre au ministère de la Culture et du Sport, ces mesures n’allègent pas les conditions de travail.

« Oui, bien sûr, nous avions bien pris connaissance de ce communiqué qui date hier, 30 avril. Sauf que bien avant cette mesure du ministère, nous on prenait compte de ces mesures. Sans vous mentir, les conditions de travail sont devenues très difficiles, il y a une réduction dans nos élans de travail. Parfois, on ne part même pas au travail, imaginez qu’on parte à 12 heures et qu’on retourne à la maison à 14 heures, c’est du travail ça? Non » a expliqué Mamoudou Dioubaté.

Le secteur privé reste encore durement affecté par la crise sanitaire liée à cette pandémie. Commerçants et autres travailleurs font état d’énormes pertes depuis l’apparition de cette maladie.

« Je suis en rupture de stock depuis très longtemps, mes marchandises sont presque finies. Au port, les marchandises peinent à venir. Les commandes qu’on fasse à l’intérieur aussi, c’est la même. J’ai passé des commandes de fruits à Guéckédou, le chauffeur a pris des passagers, ils ont été pris par les militaires. Là, je ne m’attends plus rien de ces marchandises parce que ces marchandises peuvent pourrir », se plaint Kadiatou Diallo, commerçante au marché Cosa.

Pour sa part, Moussa Keita, travailleur à Ecobank, a indiqué qu’il y a eu un changement brusque dans son travail à cause de cette maladie.

 « Globalement, tout va bien. Mais le seul changement que nous avions ressenti, c’est la mutation horaire. C’est-à-dire pour respecter les mesures barrières, ce n’est plus tout le monde qui doit venir à la banque à la fois. Certains doivent venir cette semaine et les autres la semaine prochaine à des heures différentes. C’est ce changement que nous avions pu avoir en ces moments de crises » explique-t-il.

A l’aune de cette crise, plusieurs observateurs et économistes prédisent déjà une crise économique après cette crise sanitaire.

Iso Abdoul Latif

 

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