Ecosystème : plus de forêt en guinée forestière à cause de la coupe abusive du bois

Le Sud-est de la Guinée, appelé officiellement Guinée forestière était  jadis une région recouverte de forêt dans la quasi-totalité de ses limites. Aujourd’hui, cette appellation est devenue anachronique au vu de la coupe accélérée et abusive du bois.

La République de Guinée comprend quatre régions naturelles distingues. La différence entre ces zones du pays est visible et perceptible au niveau du des habitants et surtout au niveau de la géographie physique.

Le Sud de la Guinée, appelée Guinée forestière, connu pour son sol et sous-sol riche est le grenier du pays. Il est connu surtout pour sa végétation dense composée de forêts primaires et une biodiversité unique au monde. La région abrite le sommet le plus élevé du pays, le mont Nimba (1752 m) ainsi qu’une espèce unique de crapauds appelés ‘’crapauds géants’’, tous classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Y vivent également des singes dont le mode de vie est très organisé et des éléphants.

Seulement voilà, ce tableau idyllique est en passe de devenir un souvenir si rien n’est fait. Déjà, l’accroissement naturel de la population constitue une menace constante pour la végétation. Ceci est de l’ordre naturel des choses. Mais des évènements successifs vont accélérer ce phénomène naturel pour devenir un désastre écologique entretenu par les autorités locales et encouragée par le pouvoir central.

Entre la guerre civile du Liberia 1991-1997 et celle de la Sierra Léone 1991-2002, la Guinée reçût des milliers de réfugiés fuyant les atrocités dans leurs pays d’origine. La région forestière étant frontalière des deux Etats  a vu sa population triplée avec pour conséquence une dégradation exécrable sur l’environnement. La dégradation de la forêt a pris son envol à cette époque-là.

Aujourd’hui, la contrainte principale qui s’exerce sur nos forêts est exclusivement interne. L’Etat, dans le souci de renflouer ses caisses distribue des permis de coupe de bois à tour de bras. Le plus grand acteur dans ce domaine reste l’entreprise indienne ‘’Forêt forte’’. Les activités de cette firme sont complètement à l’opposé de son nom. Forêt forte coupe des tonnes de bois par jour qu’elle met sur des camions robustes qui font plusieurs allers et retours entre l’usine de contreplaques située à 18 km de N’Zérékoré centre et les sites de déboisement.

Par ailleurs, les communautés vivantes dans les forêts, principalement agriculteurs coupent non seulement du bois pour leur quotidien mais aussi pour les travaux champêtres. Ces facteurs cumulés ont fait reculer la forêt de plusieurs hectares.

Auparavant  la forêt commençait à Bagna dans la préfecture de Kissidougou. Hormis la célèbre forêt primaire de Ziama dans Macenta et quelques forêts classées dans la région, un pan considérable du couvert végétal a été déboisé.

Par ailleurs, les extractions minières en projet n’arrangeront certainement pas les choses. Car en plus du patrimoine cité ci-haut, la région compte la plus grande réserve de fer au monde avec le prolongement du mont Simandou et le mont Nimba et devient de plus en plus une convoitise de puissants groupes miniers.

Quand on pense à la faiblesse légendaire de l’Etat guinéen, l’on ne peut s’empêcher de penser au pire écologiquement pour cette zone.

Au regard de tout ce qui précède, n’est-il pas logique de changer l’appellation de cette région en prônant celle qui sied le plus : la Guinée du Sud-Est.

Alpha Oumar DIALLO

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