Double scrutin du 22 mars : la comisca déploie une mission en guinée (déclaration)

Arrivée à Conakry depuis le 28 février dernier pour suivre et observer le processus électoral en cours, la Coordination de la Mission Internationale des Observateurs Internationaux de la Société Civile Africaine (COMISCA) recommande expressément aux guinéens de s’unir autour des valeurs qui prônent l’intérêt supérieur de la Nation, gage du développement durable.

Lire ci-dessous l’intégralité de leur déclaration

Conakry, le 20 mars 2020 – Dans sa volonté de contribuer à la consolidation de la paix et de la démocratie en République de Guinée, la Coordination de la Mission Internationale des Observateurs de la Société Civile Africaine (COMISCA), a dépêché une mission pour suivre et observer le processus électoral dans le cadre des élections législatives et du référendum du 22 mars 2020 en Guinée.

Arrivée à Conakry depuis le 28 février, la Mission est composée de personnalités qui ont une grande expertise en matière électorale et des acteurs de la société civile venus du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, de la Centrafrique, de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Togo.

La COMISCA, coordonnée par une équipe de 6 experts va déployer des observateurs et ceci en synergie avec certaines organisations de la société civile guinéenne.

L’objectif général de notre mission s’inscrit dans le cadre de la promotion des élections libres, transparentes et démocratiques en Afrique.

Il s’agit de :

  • Constater si les conditions nécessaires sont réunies pour la bonne conduite des élections qui permettront au peuple guinéen dans son ensemble d’exprimer librement sa volonté et son choix ;
  • Vérifier si l’organisation des élections en Guinée est en conformité avec les normes établies dans les principes de la déclaration de Bamako pour la gestion et la supervision des élections dans les pays francophones.

La Mission a entamé ses prises de contacts dès son arrivée auprès des autorités électorales ainsi que les autorités administratives, les partis politiques, les partenaires du processus et la société civile guinéenne.

Depuis quelques mois, la Guinée traverse une période plus ou moins tendue, marquée par des incitations à la désobéissance civile et des actes de vandalismes.

Après avoir constaté avec beaucoup d’amertume, ces actes et analysées les discours de certains acteurs, il nous incombe de vous adresser ce message d’appel pressant à la paix et à la raison.

Guinéennes, Guinéens,

Le droit de vote est un droit sacré car il constitue le canal principal par lequel s’exprime la volonté du peuple. Aussi, les conditions d’exercice de ce droit doivent être exemplaires et revêtir les qualités de transparence, de neutralité et d’objectivité. C’est pour cette raison que les personnes chargées de l’organisation des élections ont travaillé avec responsabilité.

Le dimanche 22 mars, les guinéennes et guinéens se leverons comme un seul homme pour exercer ce droit dans la quiétude et la paix, en dépit des appels à la révolte et l’instrumentalisation des citoyens.

N’oublions pas qu’il y a des champions de la division à qui profite cet état de chose. Il est de l’intérêt du peuple guinéen à faire toujours preuve de maturité afin de ne se laisser aller à la diversion politique qui ne profite qu’à ces instigateurs qui s’érigent en maître dédiés donneurs de leçon au continent africain.

Nous en appelons à l’opinion internationale à faire preuve de retenue afin de ne pas faire sombrer l’espoir de toute une génération.

Face à cette situation qui n’honore pas l’Afrique et la Guinée en particulier, la Coordination de la Mission Internationale des Observateurs Internationaux de la Société Civile Africaine (COMISCA) recommande expressément aux guinéens de s’unir autour des valeurs qui prônent l’intérêt supérieur de la Nation, gage du développement durable.

Par conséquent, la jeunesse guinéenne doit se poser un certain nombre de questions.

Aviez-vous le droit de brûler cette demeure commune que vos ancêtres vous ont léguée au prix de milles sacrifices ?

N’y a-t-il pas d’autres voies ou mécanismes pacifiques légaux pour régler définitivement les contentieux qui entourent les processus électoraux ?

Comment pourriez-vous faire avancer votre pays si vous prônés la violence et la haine ?

Quelle vision aviez-vous pour la Guinée?

Ses préoccupations doivent vous orienter pour que rien ne puisse vous amener à précipiter la Guinée dans une situation de KO.

L’heure est venue pour vous de sauvegarder votre cher pays en ce tournant décisif de l’histoire. Chaque parole doit être pesée. Chaque acte doit être murement réfléchi.

La COMISCA adresse ses sincères remerciements à la CEDEAO qui a bien voulu envoyer une équipe d’experts pour l’audit du fichier électoral.

Elle tient à féliciter le Président de la République, Son Excellence le Professeur Alpha CONDE qui dans sa volonté de préserver la paix et la stabilité, a accepté reporter plusieurs fois ces élections. 

La COMISCA salue la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) pour sa volonté et surtout sa détermination à organiser ces élections dans la transparence et l’équité.

Cependant, la COMISCA condamne avec fermeté les actes de violence inouies anti démocratiques dans les localités suivantes : Lélouma et les 13, 14 et 15 janvier 2020, Tougué le 28 février 2020, Mali le 27 février 2020, Pita le 15 janvier 2020, Dalaba le 21 ET 22 janvier 2020, Mamou le 26 janvier 2020, N’Zérékoréle 11 février 2020, Télimélé et Conakry.

La COMISCA exhorte enfin, le gouvernement guinéen en général et le Chef de l’Etat en particulier, les acteurs politiques, le peuple guinéen et tous les acteurs impliqués pour la recherche du consensus par le dialogue inclusif, sur tous les sujets d’intérêt national afin que la Guinée retrouve sa stabilité politique et sociale, gage de l’unité nationale et du développement.

Vive l’Unité africaine

Vive la paix en Afrique et que DIEU protège la Guinée

La COMISCA

Le Président et Chef de la Déléguation

COMPAORE Saîdou, Expert Electoral

Transmis par la Cellule de Communication du Gouvernement

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