Dividende démographique en afrique : un vecteur de développement du capital humain

U ne session sur ‘’le Dividende démographique au Sahel’’ s’est tenue, mercredi 13 novembre 2019, à Nairobi au Kenya, en marge de la Conférence  Internationale sur la Population et le Développement (CIPD25).

Organisée par les partenaires d’exécution du projet d’Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD), en partenariat avec  le CREFAT-CREG et le Promundo US, cette rencontre a permis d’échanger sur les meilleures pratiques et les approches innovantes en faveur de l’autonomisation des femmes et des filles.

Au regard de la forte mobilisation à ce sommet, (plus de 300 délégués venus de plusieurs pays), le directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) pour les 23 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabingué NGOM  se montre confiant. Selon lui, les perspectives sont bonnes.

« Il vous souviendra qu’à Accra, le 5 octobre 2018, l’ensemble des 54 pays africains ont demandé que le SWEDD soit étendu à chacun des pays du continent africain. Une demande que les pays africains ont prise très au sérieux. Cette demande est en train d’être considérée avec une attention particulière au niveau de la Banque mondiale, partenaire principal du projet. Je crois qu’au Nairobi, nous avons eu une forte mobilisation de toute la communauté internationale ; la participation de plus de 165 pays. Ça doit être une opportunité pour un partenariat encore beaucoup plus brillant pour accompagner l’Afrique dans la réalisation de ce choix qui est le dividende démographique. Donc, je souhaite, j’espère et je prie pour que les autres partenaires qui veulent accompagner l’Afrique, qu’ils disent partout que nous devons accélérer, amplifier les actions qui puissent retrouver derrières des initiatives concluantes comme le SWEDD, qui est une aspiration des pays, une initiative pour laquelle des pays eux-mêmes vont jusqu’à emprunter de l’argent à la Banque Mondiale pour faire avancer le droit démographique. Je pense que c’est une invitation à toutes les bonnes volontés de se retrouver au tour du SWEDD et d’initiatives similaires pour accompagner, amplifier, accélérer. Je pense que c’est du concret » a déclaré Mabingué NGOM.

En invitant les uns et les autres à se mettre ensemble, directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) pour les 23 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, insiste sur la nécessité pour l’Afrique de réaliser les promesses prises depuis maintenant vingt ans.

« Je pense que nous devons nous mettre au travail. Nous n’allons même pas attendre la fin de la réunion de Nairobi, je crois c’est le moment pour que les uns et les autres se mettent ensemble, accompagnent les actions en cours et faire en sorte que nous puissions vraiment réaliser un peu cette promesse qu’on n’a pas été capable de réaliser depuis 25 ans. Le SWEDD, je pense que c’est un point de départ. C’est un excellent point de départ. C’est la propriété des pays, c’est l’aspiration des pays,  qui vont jusqu’à emprunter de l’argent,  donc si s’il y a de bonnes volontés qui partagent cette ambition de l’Afrique, je les invite à se joindre à nous pour amplifier et être dans le SWEDD. Et qu’on n’attende pas l’année prochaine pour avoir un pays de plus et qu’on n’a attende pas 2030 pour avoir cinq ou six pays » a-t-il lancé.

Parmi les actions prioritaires du projet SWEDD, il y a notamment l’augmentation de l’accès des jeunes filles à l’éducation, aux formations pour les jeunes femmes, aux programmes de planification familiale et l’élimination des mariages d’enfants et autres pratiques néfastes, tout en incluant les contributions des hommes à l’égalité des genres.

Dans les pays du projet ‘’SWEDD’’, note un communiqué de l’UNFPA, ‘’les chefs religieux et les communicateurs traditionnels mènent un dialogue communautaire en utilisant des arguments théologiques et culturels en faveur de l’éducation secondaire des filles, de l’espacement des naissances et de la planification familiale, de la lutte contre les grossesses précoces, et contre les violences basées sur le genre, notamment le mariage des enfants et les mutilations génitales féminines’’.

Dans la perspective d’étendre ce projet à l’échelle continentale, conformément à l’une des recommandations des gouvernements lors de la revue de la déclaration d’Addis-Abeba en octobre 2018 à Accra au Ghana, les demandes d’adhésion de cinq autres pays sont à l’étude.

Il s’agit du Sénégal, du Togo, de la Gambie, de la Guinée et du Cameroun, qui ont pris part à cette session de Nairobi.

Par ailleurs, l’UNFPA a estimé, avec l’aide de plusieurs universités américaines, à 264 milliards de dollars les besoins financiers pour parvenir à ces objectifs.

A rappeler que 1200 engagements concrets et une promesse de 1 milliard de dollars venant de gouvernements européens, du Canada et de la Commission européenne ont été pris lors de la Conférence de Nairobi alors que le secteur privé a annoncé 8 milliards de contributions à l’horizon 2030 des Objectifs du développement durable (ODD).

Alpha Mamoudou Diallo

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