Déguerpissement en vue à soloprimo : le calvaire d’une vieille obligée de libérer sa maison

Les opérations de déguerpissement enclenchées par les autorités guinéennes se poursuivent dans la commune de Ratoma, banlieue de Conakry non sans créer des frustrations au sein de la population.

A Koloma-Soloprimo, prochaine cible du ministère de la ville et de l’aménagement du territoire,  une habitante de ce quartier, forcée de quitter son domicile, accuse le ministre de l’habitat d’avoir épargné son domaine au cours de l’identification des maisons à démolir.

Dame Aissatou Diallo, obligée de quitter son domicile à Soloprimo

Selon Aissatou Diallo, l’une des victimes de ces opérations, les agents de la sécurité venus pour identifier les domaines à détruire ont épargné une cour en face de son domicile.

« Quand ils sont venus mettre les croix sur les maisons hier, ils ont regardé le plan et ils ont encore dit que ma maison ne faisait pas partie, ils sont allés jusqu’au carrefour, ils ont dit qu’on était au compte de Soloprimo, mais ils ont remonté l’information aux chefs. Ceux-ci ont demandé de tout raser, mais quand on a suivi les agents, ils n’ont pas mis la croix sur cette cour d’en face, on a demandé pourquoi cette cour a été épargnée. Ils nous ont répondu que c’est chez le ministre de l’habitat, mais pourquoi épargner chez le ministre de l’habitat et casser chez nous » s’est-elle interrogée.

Aïssatou Diallo raconte que le domaine qui serait celui du ministre de l’habitat a été récemment clôturé. Ces terres qui appartenaient à un de ses voisins ont été confisquées depuis quelques années, soutient fermement.

La Cour du ministre en question

« Ce ministre d’habitat a mis ce soubassement en 3 jours, à mon retour de Boké, j’ai trouvé qu’il avait déjà mis la cour, sinon cette terre appartenait à l’un de nos voisins (…..) Sinon, moi je suis la présidente de Koloma Soloprimo, mais, nous, on n’a jamais vu ce monsieur, il venait toujours dans une voiture noire, mais c’est ses jeunes qui descendent pour voir la cour. C’est hier, on a su que c’est pour le ministre de l’habitat. Il nous a retiré nos maisons, aujourd’hui on n’a aucun pouvoir. Dieu seul à le pouvoir, nous on regarde Dieu » a accusé la vieille dame en larmes.

Poursuivant, cette énième victime de ces déguerpissements affirme disposer tous les documents de sa maison. Elle dit voir acheté sa parcelle en 1980 en francs Sily( ancienne monnaie guinéenne ndlr).

 « Cette zone réservée dont on parle a été déclarée en 1987, en ce moment, on parlait de districts. Il n’y avait pas de quartiers, on appelait toute cette zone Kaporo, mais quand le ministre Bana a commencé à délimiter pour son plan de lotissement, il nous a donné  un reçu au cas où le projet touchait nos maisons pour qu’on soit dédommagé, mais quand ils sont venus chez moi, ils ont dit que ma maison ne faisait pas partie, mais tous nos voisins qui ont quitté ont été dédommagés. Je connais tous les lieux qui ont été marqués au temps de Bana, ils ont leur marque de délimitation en face de ma cour, qui est à 50mn de la route » soutient Aïssatou Diallo.

A ce jour, confie la présidente des femmes de Soloprimo, obligée de quitter sa maison, n’a pas où aller. Comme pour dire que la vieille dame et ses enfants passent la nuit dans sa maison complètement démolie.

Nantady Camara

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