Crise à kamsar : une descente aux enfers à l’image de celle de fria ?

Les dernières 48h, les conséquences issues des violences dues au manque d’électricité et d’eau semblent loin d’être maîtrisées, du moins c’est ce que nous rapportent les témoignages venant de la cité industrielle de Kamsar.

Selon nos informations, la journée de ce jeudi n’a enregistré aucun dégât matériel, ni humain d’ailleurs, mais  les effets des derniers jours sévissent encore atrocement dans la cité qui, jadis, ne manquait guère de ces denrées pourtant si  prisées dans tout le pays.

Joint au téléphone par notre rédaction, monsieur Norbert HABA, en poste au service Distribution et Maintenance de la Compagnie des Bauxites de Guinée CBG, a  indiqué que le manque de courant est lié à la situation de blocus imposé par le Coronavirus.

« C’est vrai qu’il y a des quartiers qui ont fait 2 ou 3 mois sans électricité. Mais cela est dû au problème de transformateur. Le temps pour les autorités de solutionner ça a coïncidé à la situation du Coronavirus dans le pays. Depuis lors, tout est resté fermé. Mais depuis que la manifestation a commencé, on a mis les bouchées doubles. Hier, deux transformateurs ont atterri à kamsar. Et peut-être demain, deux autres viendront » confie-t-il avant d’ajouter que ce sont les violences des manifestants qui ont porté le coup fatal au système d’alimentation de l’eau dans la cité.

« Voyez-vous entre les quartiers Sahara et Ntoumou, près de huit pylônes ont été détruits. Or, ce sont ces pylônes qui alimentent nos installations en eau. Aujourd’hui, la ville vit grâce aux réserves de la CBG se trouvant à Tongolon » ajoute-t-il.

A la question de savoir si la ville reçoit l’eau issue des réserves de la CBG, Mme Traoré, une citoyen de la localité, rétorque en ces termes : ‘’les quartiers CBG, plateau, Minel, Ofab, Bruxelles,…n’ont plus d’eau. Et moi je n’ai vu aucune goutte d’eau chez moi depuis que les fils d’alimentation ont été coupés pendant la manifestation. Ce sont plutôt les citernes réquisitionnés par la CBG qui nous permettent de tenir ‘’.

Par ailleurs, cette situation que traverse la cité bauxitique n’est pas de nature à rassurer les populations qui craignent une résurgence de la maladie du Coronavirus qui est déjà présente dans la région.

« Tout au début, nous avions enregistrés deux cas positifs du Covid-19 à kamsar, qui ont ensuite été déclarés guéris. Puis, parmi le personnel d’appui, 4 individus ont été classés suspects. Parmi ceux-ci, un s’est révélé positif au coronavirus. Ces résultats ne sont pas encore publics. Mais je crains que les contacts de celui-ci ne soient un facteur qui mette tous les habitants d’ici en danger surtout que les gens refusent de respecter les mesures exigées par les autorités » s’est inquiétée une travailleuse de la Cité qui a requis l’anonymat.

Aux yeux de l’opinion, il faut dire que ces symptômes d’une ville placée à la merci de l’industrie minière rappelle les souvenirs dramatiques aux conséquences néfastes que la ville de Fria, terre de l’alumine en Guinée, avait récemment traversé dans un passé récent.

Dans tous les cas, si cette situation n’est pas rapidement traité, le cocktail de manifestation sociale et Coronavirus risque d’être explosif pour cette partie de la Guinée appelée « Poumon économique » du pays.

La rédaction

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