Conakry: flambée des denrées alimentaires en ce début du mois saint

Les fidèles musulmans de Guinée, à l’instar de plusieurs autres pays musulmans du monde, ont entamé ce lundi 6 mai 2019 le mois Saint de Ramadan. Un mois de jeûne, de pénitence, de prière, de bénédiction ou de pardon.

Cette année, ce mois est arrivé dans un contexte extrêmement difficile en Guinée. La majeure partie des Guinéens tire le diable par la queue et vit au jour le jour à cause de la cherté de vie qui s’explique par la hausse vertigineuse des denrées de première nécessité à savoir le riz, le sucre, l’huile de palme, l’huile végétale, la farine, la viande…

Dans les différents marchés de la capitale guinéenne et ceux de l’intérieur du pays, comme les années précédentes, les prix ont doublé sinon triplés en ce début du mois saint.

Interrogés par la rédaction de guineeactuelle.com, des citoyens de Conakry, à l’image de Madame Sylla Fatoumata, enseignante, accusent les commerçants d’être à la base de cette flambée des prix dans les marchés.

« Les commerçants guinéens sont sans foi, ils n’ont aucune crainte envers Dieu sinon, dans les autres pays comme le Mali ou le Sénégal, à l’approche du mois de ramadan, tous les prix baissent et ici en Guinée, c’est maintenant que les commerçants cherchent des bénéfices. Ils ont augmenté tous les prix de façon délibérée, en commençant par le sac de riz jusqu’au petit piment, tout est cher » a-t-elle accusé.

Selon dame Sylla, le gouvernement guinéen ne joue pas son rôle dans la stabilisation des prix au niveau des marchés.

« Le gouvernement n’a mis aucune politique de fixation des prix, c’est pourquoi les commerçants font ce qu’ils veulent sur le marché. Ils augmentent et diminuent les prix selon leur humeur. Nous, femmes de Guinée souffrons énormément parce que la dépense que nos maris nous donnent est insuffisante et on n’ose pas le dire. Une fois au marché, on a de la peine à trouver ce qu’il nous faut pour le repas journalier. Pires, vous verrez des familles qui restent deux jours sans mettre une marmite sur le feu. Pendant ce mois béni, seul le Tout puissant Allah pourra nous venir au secours. Nous, nous en remettons à Dieu il n’y a aucune autre solution » a déploré Madame Sylla Fatoumata, rencontrée au cœur de Madina.

Du côté des commerçants, on rejette les accusations pour charger le gouvernement, qui à leurs yeux, imposent des taxes hors norme à la douane.

« Si les prix sont chers au marché, ce n’est pas de notre faute, ni de notre volonté surtout en ce mois de ramadan où tout bon musulman doit chercher des bénédictions. Nous, les commerçants nous sommes conscients de la cherté des prix mais on ne peut rien. S’ils réduisent le dédouanement au Port, les prix vont baisser. Le dédouanement des marchandises au Port (Port Autonome de Conakry) est très cher, on nous facture à millions et des millions. Et si tu ne paies pas le montant qu’on te demande, ton conteneur ne sortira pas du Port et s’il reste là-bas, tu seras victime de vol, ils vont soutirer nos marchandises. Après avoir payé le dédouanement et toutes les taxes, nous serons obligés alors d’augmenter un peu le prix sinon on ne gagnera rien et je pense qu’on fait le commerce pour gagner et non pour perdre » se défend Thierno Ousmane Diallo, commerçant importateur de riz et du sucre à Madina.

Toutes nos tentatives pour faire réagir les cadres du ministère du commerce sont restées sans succès. Sur place, on nous dit le ministre Boubacar Barry est absent du pays.

A titre d’exemple de cette flambée des prix, il faut que rappeler que le Kilo de viande qui était à 35.000 GNF est passé à 45.000 GNF dans certains endroits. De 170.000 francs guinéens un peu plutôt, le sac de riz de 25 kilo se négocie actuellement à 180.000 GNF et le kilo de sucre qui coûtait 7000 GNF se revend de nos jours à 7500 GNF.

Barry Ibrahima

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