Compagnie aérienne sénégalaise : un appel international au boycott lancé par une plateforme de la société civile

V ictime de ségrégation en matière de communication dans toutes les compagnies aériennes au Sénégal, la structure  KISAL DEEYIRDE PULAAGU, une plateforme de défense de la langue Pulaar, a lancé une campagne de boycott de toutes les compagnies aériennes sénégalaises.

Pour les membres de cette plateforme, la langue Pulaar est ségrégée dans les avions au détriment d’autres langues.

« Des démarches citoyennes ont été entreprises afin que la compagnie d’aviation sénégalaise puisse intégrer le Pulaar comme langue de service. Ces sollicitations et requêtes sont malheureusement tombées dans des oreilles sourdes. On peut dire sans risque de se tromper que, les autorités restent campées dans leur position, qui est de servir la clientèle de notre compagnie nationale dans seulement trois langues que sont l’Anglais, le Français et le Wolof. Quelques bonnes volontés se sont également rendues au siège de la compagnie à Dakar, mais elles n’ont pas pu rencontrer le directeur général qui est l’autorité supérieure. Ce refus de la part des autorités du pays de faire plaisir à sa clientèle, ne s’explique pas et manque de logique dans un monde où la concurrence est féroce. Pour quoi cette résistance à servir ses compatriotes dans une des langues qui sont parmi les plus parlées de la CEDAO et en dehors ?», a fustigé Gondiel Ka, Secrétaire Général de la plateforme.

Dans ses raisonnements, ce responsable de KISAL DEEYIRDE PULAAGU évoque le rôle de la communication orale dans ce cas de figure.

« La communication est un facteur ultra important. Elle est principalement orale et se déroule le plus souvent sans contact visuel et elle peut avoir une incidence sur la sécurité des passagers. La majorité de clients de la sous-région est plus à l’aise avec le Pulaar ou le fulfuldé et de ce fait, elle doit être servie tout bonnement dans cette langue. De plus, l’équipage s’exprimant dans une seule langue locale et dans deux langues étrangères avec des accents linguistiques est parfois incompréhensible par les passagers.  En cas de panique ou de n’importe quel problème, les voyageurs comprendraient mieux cette langue internationale (le fulfulde) tout en se réfugiant dans leur religion en récitant leurs prières protectrices. Comment quelqu’un qui ne parle pas le Pulaar peut venir efficacement en aide à un peul du Burkina Faso ou du Niger ou d’autres pays ? Ce problème linguistique incommode les voyageurs et leur sécurité intérieure est fortement ébranlée » a ajouté ce défenseur de la langue Pular.

A ce jour, le  Boycott a déjà reçu et continue de recevoir beaucoup d’adhésions et de sympathisants de partout.

La plateforme accuse également la compagnie aérienne sénégalaise de ne pas respecter les règles de l’aviation civile internationale (OACI) basée à Montréal au Canada.

Dans tous les cas, cette situation catastrophique fâche et met mal à l’aise des millions de citoyens et de citoyennes à travers la planète toute entière.

Iso Abdoul Latif

Publicité