Affaire bsgr/simandou : beny steinmetz sera jugé pour corruption

L ’homme d’affaires franco-israélien, Beny Steinmetz va être jugé devant le tribunal correctionnel de Genève pour corruption et faux dans un dossier portant sur la concession des mines de Simandou entre 2005 et 2010. Aucune date n’a été annoncée pour l’ouverture du procès.

Selon l’acte d’accusation déposé par le procureur en charge du dossier, Claudio Mascotto, les trois prévenus (Benny et deux de ses collaborateurs, le français Frédéric Cilins et la belge Sandra Merloni-Horemans) sont accusés, entre 2005 et 2010, de ‘’corruption d’agents publics étrangers’’  et de ‘’faux dans les titres’’ .

Benny aurait ‘’verser ou fait verser des pots-de-vin à Mamadie Touré, l’une des épouses de Lansana Conté pour permettre à la firme Beny Steinmetz Group Ressources (BSGR), d’obtenir des licences dans la mine de fer de Simandou, le plus grand gisement de fer encore inexploité en Afrique.

En 2008, BSGR avait obtenu le permis pour le bloc 1 et 2 sur les 4 blocs au total grâce à un décret du président Lansana Conté, alors que Rio Tinto avaient acquis les quatre blocs.

En 2013, une procédure a été ouverte en Suisse. Beny Steinmetz affirmait avoir investi 170 millions de dollars dans cette mine, puis d’en avoir revendu 51 % en 2010 au groupe brésilien Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit presque 30 fois plus cher. En 2014, le Président Alpha Condé a résilié sa concession pour des soupçons de corruption.

Selon le parquet, les pots-de-vin versés s’élèveraient à environ dix millions de dollars. Ces sommes, dont une partie a transité par une société off-shore établie aux îles Vierges et des comptes suisses, sous couvert de faux contrats et de fausses factures. La majeure partie de l’activité du groupe BSGR était domicilié à Genève. Ces montants auraient permis d’évincer Rio Tinto, à qui appartenaient tous les titres de propriété depuis les années 1990.

L’enquête suisse a pu aboutir notamment grâce à la coopération de la justice américaine qui s’est intéressée à Mme Mamadie Touré, partie s’installer aux États-Unis, et qui selon le quotidien Le Monde aurait reconnu sa culpabilité.

En février dernier, Benny et la Guinée ont annoncé avoir trouvé un accord à l’amiable, avec le concours de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, débouchant sur le retrait des poursuites pour corruption contre Beny Steinmetz en échange de son renoncement à ses droits sur le gisement de Simandou.

L’homme d’affaire a en revanche obtenu, avec un partenaire britannique, les droits d’exploitation de Zogota, une mine de fer guinéenne moins importante. Sauf que cet arrangement n’a pas mis fin aux poursuites engagées par le ministère public de Genève. Il risque jusqu’à 10 ans de prison.

La mine du Simandou, quant à elle, est toujours en attente d’un concessionnaire. En juillet dernier, l’Etat guinéen a lancé un appel d’offre pour la reprise des anciens blocs de Beny Steinmetz.

Hafia Diallo

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