Faire obstruction à l’idée d’un 3ème mandat relève effectivement des revendications de ceux qui défendent le renouvellement politique

Le projet de renouvellement politique – je ne dis pas d’alternance générationnelle (il faut nuancer) – doit prendre en compte cette exigence de défense de l’ordre constitutionnel pour légitimer et crédibiliser ses revendications. Faire obstruction à l’idée d’un 3ème mandat relève effectivement des revendications de ceux qui défendent le renouvellement politique.
I-La tenue à temps de l’élection législative est une exigence avant juin 2018 (date d’expiration du mandat de l’Assemblée Nationale).
Une non tenue de l’élection législative avant  cette date permettrait à l’exécutif de légiférer par ordonnances et de légaliser l’illégalité.
II-Pour les révisionnistes , il y a deux possibilités de déroger à l’article 27 de la Constitution (limitant la durée du mandat présidentiel):
A/ changer de Constitution à l’image du Congo Brazzaville de Denis Sassou NGuesso ;
B/ laisser perpétuer le mandat présidentiel au-delà de la durée légale comme ce qui passe en République Démocratique du Congo chez Kabila fils .
La situation de crise qui guette notre pays , la République de Guinée , nous laisse dans un état anxiogène d’autant plus qu’aucune des forces politiques en présence – je fais surtout allusion à l’opposition <<fonctionnarisée >>- n’en fait cas. Le muselement de la société civile la décrédibilise aux yeux des citoyens . Cette circonstance fâcheuse s’explique – t- elle par la phobie d’un État répressif en permanence ? Ou , est ce qu’il y a eu un achat des consciences ?
Les deux approches sont plausibles.
Le fait de trainer les élections communales – ne concernant que les enjeux  locaux citoyens- laisse présager un bouleversement du calendrier électoral. C’est l’Assemblée nationale qui serait  en juin prochain , dans ces conditions , en situation d’illégimité.
La piste serait ainsi balisée pour l’exécutif qui disposerait, dans ces conditions, de pleins pouvoirs propices à l’exécution du putsch civil . Ce qui représenterait un risque grave pour la démocratie guinéenne.
Par Dramane Diawara
Conseiller politique de M. Siaka Barry
Président intérimaire du mouvement Osons pour la Guinée.
Publicité